samedi 9 octobre 2010

Rome, le retour


C'est la troisième fois que je vais à Rome et ce n'est probablement pas la dernière. Je connais maintenant des Romains, des vrais et j'ai même fait deux soirées chez eux, dont une mémorable! Dieu merci, l'essentiel du repas s'est déroulé exclusivement en anglais et j'ai pu mesurer à quel point j'avais progressé dans la langue de Shakespeare! 
Alors donc nous avions rendez-vous à la sortie d'une station de métro au milieu de nulle part (quartier animé loin, loin du centre mais proche de  Cinecittà). De là, des âmes charitables nous ont transférés vers la maison de notre hôtesse. J'ai vaguement reconnu le quartier pour y avoir été au premier  de l'an lors de notre mémorable recherche de la voie Appia Antica. Parmi une forêt d'immeubles cossus, aux rues étroites et encombrées de voitures, K. nous a ouvert son vaste jardin et les portes de sa maison de plain-pied! "Tiens donc, me suis-je dit, autant d'espace dans un quartier aussi densément bâti, comment est-ce possible quand on n'est pas riche à en crever?" K, professeur de langue, m'en bouchait un coin! 
Nous avons très vite compris lorsque qu'un train de banlieue lancé à grande vitesse est passé quasiment au dessus de nos têtes ébranlant le sol, les murs et couvrant le son de nos voix. En fait, ce n'est pas un mais des trains tous les quarts d'heure (au bas mot)  qui longeaient le quartier tout entier! A devenir fou. Il paraît d'ailleurs que Giuseppe est insomniaque!!! L'été il met  son lit dans le jardin afin de ne pas réveiller sa femme qui dort du sommeil du juste. Il profite ainsi  du ciel étoilé,  puisque tant qu'à se pourrir la vie, pourquoi ne pas  savourer les quelques petits bonheurs que lui offre cette magnifique situation?
Nous avons commencé le repas par des pâtes oubliant la tradition italienne (1), des pâtes au saumon à la crème et aux petits pois, des pâtes aux légumes et des pâtes à la tomate sur lesquelles on ne met pas de parmesan! (Crime de lèse-majesté). La taille des gamelles, immenses,  incitait les convives à  se servir copieusement. Nous étions gavés lorsque nous avons  appris qu'un barbecue était en préparation. Le charbon de bois ayant du mal à prendre,  c'est au compresseur que T. a soufflé sur les braises. C'est donc entre passage des trains, bruit du compresseur, aboiement  des deux  chiens effrayés par les invités,  braillage italien en anglais que la soirée s'est déroulée. Coup de bol, il n'y avait pas de musique!
Notre hôtesse nous a servi  dix beefsteaks, un chapelet de saucisses, un poulet et deux énormes salades, nous avons terminé par deux morceaux de gâteaux obligatoires, un excellent  à l'orange et  un étouffe chrétien. Giuseppe a sorti toutes ses liqueurs afin de clôturer dignement la soirée et nous avons  pu tester le cordial offert par les Tchèques! On se serait cru dans un film italien et c'est littéralement béate que je jouissais de la soirée.
Ah, ces Italiens, y a pas à dire, ils savent vivre!
Z., par politesse,  a mangé de tout, je voyais bien qu'elle était au bord de l'apoplexie, elle dodelinait de la tête mais elle ne pouvait tout refuser sans offenser.  D'autres ne se sont pas fait prier! Une des invitées, après les plâtrées de pâtes,  n'a cessé d'enfourner les morceaux de viande avec du pain grillé,  tout en égayant grandement la soirée et en picorant  les biscuits apéritifs et les cacahuètes salées entre chaque plat.  Je ne sais pas où elle a mis tout ce qu'elle a ingurgité, mais je lui tire mon chapeau. 
Peut-être a-t-elle tout vomi ensuite?
(1) Note pour moi-même, les pâtes en Italie se servent en entrée.... ne pas se gaver!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...