samedi 14 janvier 2017

Une virée en Bretagne nord.

Cinquante nuances de choux, verts, verts clairs, verts sombres, mauves, fins, énormes, ras, hauts, pommés en Bretagne nord
Aber Wrach

On sait qu'on est en Bretagne nord lorsque l'on commence à suivre des tracteurs et à voir des usines ou hangars blancs se détacher sur fond de bleu sombre, ciel annonciateur de pluie (ou pas). La région semble riche, bruyante, active et cultivée (agricole) ; à perte de vue, choux, colza, artichauts, choux, hiboux, choux, cailloux, poux ... paysage piqueté de vaches pie noires sur lit d'herbe bien grasse. 
Incontournable et indispensable à la localisation,  l'odeur ... qui ressemble à un pet géant. 
Le littoral est  à se damner avec ou sans soleil. Au couchant, il se pare de sang rouge et jaune, la lumière dore les dunes, enveloppe les rochers. Il ne reste que la mer infinie.
Bref, stop les niaiseries, vous l'aurez compris une virée sur la côte nord du Finistère est inoubliable et je la conseille vivement!
En vrac:
Des rias ou abers en veux-tu en voilà, ils poussent leur ramification loin dans les terres
Des clochers de granite de dentelles sur fond de bleu gris, sous vent d'est. 
Tagornes, aigrettes, oies bernaches, cormorans, et même un phoque qui rodait, prêt à tout pour chopper les appâts des petits pêcheurs à la ligne sur la jetée de Moguirriec.  
Il y a juste un petit problème, l'été notamment, la région peut être étouffée par un pesant brouillard tandis que le sud se bronze sur nos plages.

Porspoder
Aber Wrach
Quelques bonnes idées :
- nombreux chemins de randonnées bien balisés (s'adresser aux offices du tourisme)
- un balcon sur la mer à Roscoff, magnifique bed&breakfast
- le restaurant le château de sable à Porspoder
- la maison du boulanger à Lanilis
- la route touristique de Landunvez
- Lanuldit au petit matin 

samedi 31 décembre 2016

Une belle année 2017!

Mes petits poulets, je vous souhaite une belle année 2017!!! (et ça rime) 
Côte de Landunvez, Bretagne nord, fin 2016, le bout du monde

De l'amour forcément, et pas du mou, du plan plan, du lénifiant, du bel amour qui fait du bien.
Un travail qui plaît.
Des voyages. 
Des bains (du vin, du pain et du boursin, nan .... juste pour la rime, préférer un bon gorgonzola ou un camembert bien fait) .
Des amis à la pelle, ceux qui viendront vous soutenir quand vous irez mal, seront là quoiqu'il arrive.
De la santé (hips), à se dire d'ailleurs que c'est le plus important, pour le reste, roule ma poule! 
Tout choisir, sans se faire de noeud dans la tête, courir quand il nous chante, ne rien faire afin de prendre le temps de vivre, intensément, forcément, car vivre se vit intensément quoiqu'on fasse, pleinement, à toute vitesse ou à un train de sénateur, (j'aime bien l'expression).
De beaux moments, même courts, une lumière sur la mer, le sable douillet, le chat qui se roule sur le dos pour souhaiter la bienvenue, un éclat dans l'arbre, même le héron sur la mare qui boulotte les poissons, le bruit des vagues, l'odeur des embruns, le soleil au couchant, le ciel au levant, la chaleur de midi.
Des rires.
Des livres qui font rêver.
Des habitudes, de leur douceur qui enveloppe.
Penser aux autres, les aimer, rire de leur rire, voir leurs yeux briller, pleurer, et remercier 2016 d'avoir fait son oeuvre. 

Bonne et belle année 2017! 



dimanche 25 décembre 2016

Des nouvelles de Lili

Voilà bien longtemps que je ne vous ai pas donné des nouvelles de Lili …

Lili aime les arbres, les fleurs, galoper dans le jardin, faire suer le chien du voisin du haut des pins seulement voilà, mi octobre, la bestiole a disparu… Volatilisée vraiment. Une inquiétude sourde, un vide certain du joli accueil qu'elle nous faisait, l'appel du museau pour rentrer à la vitre, la tête penchée, tout nous manquait.
Un chat ne part jamais bien loin et surtout il revient!
Mais elle non, que dalle, que tchi, rien, nada malgré nos appels angoissés dans la rue.
Il lui était déjà arrivé de disparaître plus de 24h à deux ou trois reprises mais jamais aussi longtemps… 
Au bout d'une semaine, nous avons consulté le site petnet qui la signalait sur le terrain de rugby à 1km5 de chez elle puis la SPA (de Quimper parce que celle de notre ville  serait trop simple) qui a finalement reçu un signalement d'une femme disant l'avoir retrouvée près de chez elle, franchement loin … Renseignements pris on ne pouvait la récupérer qu'à la capitale moyennant 90 euros de puçage …. La note était salée mais quand on aime on ne compte pas. Le temps de le dire, du moins de régler les affaires administratives, la bestiole avait pris la poudre d'escampette et disparaissait à nouveau de chez sa nouvelle tenancière. Damned!
J'ai donc mis des avis de recherche dans le quartier, feuilles de papier avec jolie photographie, très fragiles,  sous les pluies torrentielles, placardées sous un autre avis de chat disparu, dûment plastifié…une bonne dizaine sur les poteaux, les panneaux, les murs.
Finalement, la chatte qui sait probablement lire, est retournée chez la sauveuse qui cette fois-ci l'a bouclée et a prévenu sa propriétaire!
Sauvée …
Au bout de 17 jours d'errance.

Depuis elle est bouclée, pucée, opérée. Nous le promenons en laisse car c'est Noël et la voisine, que nous soupçonnons d'enlèvement et de déportation du chat dans un autre quartier, est en vacances! Pas question de prendre le risque qu'elle soit à nouveau enlevée, qu'elle disparaisse et ne revienne plus. Chaque jour elle court dans toute la maison comme une dératée, se planque pour nous surprendre sous un fauteuil, une étagère ou la table, se jette sur nous en mode suricate mais se vautre à l'atterrissage 
Pour varier les plaisirs, nous faisons garde alternée, une semaine ici, une semaine à Brest. Là-bas elle a bousillé le sapin, joué au foot avec les boules, ici, piétiné les cadeaux, tiré les rubans. 
Dehors au bout de sa laisse, elle prend l'air  du jardin mais à pas mesurés, l'herbe étant mouillée et le temps frais. 
Nous la lâcherons bientôt, quand ses poils auront tous repoussé, et qu'on sera sûr qu'elle ne partira pas (ce qui est, il faut bien le dire, un voeu pieu, mais c'est Noël). 

jeudi 8 décembre 2016

La virée d'hiver à Paris, épisode 2

Les rituels ont du bon, le vendredi je m'y consacre avec application, les autres jours aussi. Paris est pour moi une parenthèse enchantée, un vide tête garanti, trois jours de vacances, une île déserte sans souci, une bouffée d'air pur (enfin pollué), un vrai bonheur!

Une petite virée au Mémorial de la Shoah afin de  prendre les nouvelles, consulter les derniers ouvrages parus et visiter l'exposition  sur le massacre des Hereros par les Allemands au début du siècle ; Allo sushis, un poil déserté par les froids sibériens, leur salle l'est un peu ; les courses pour fille chérie ; mais une fois n'est pas coutume le musée des arts décoratifs pour une belle exposition concernant le Bauhaus.
Il est très drôle d'y retrouver des gens qu'on connaît et chaque fois se dire: "que le monde est petit"!
J'ai sacrifié à la visite de la collection Chtchouchkine à la fondation Vuitton, blindée de monde mais sans attente à l'entrée, au passage fluide malgré la foule. Il est intéressant de voir ce qu'un industriel russe sensible à l'art moderne ait pu acheter au début du XXème siècle. Il fut visionnaire. 
Dans un autre genre, mais"imposture totale" selon F.,  Cy Twombly à Beaubourg pour des gribouillis géants, qui, sans le discours averti du guide, laissent un peu (beaucoup) froid, insensible et coi, il faut bien le dire. La redécouverte (comme toujours) des galeries permanentes met du baume au coeur, cette fois-ci nous avons sacrifié aux cubistes, et réalisé combien le musée était riche, offrait, notamment, un nombre incalculable de Matisse, Picasso dans une tranquillité de bonne aloi et que, finalement, sacrifier aux grands évènements vantés à force de publicité et de rabattage ne présentait pas un si grand intérêt. Certes, Vuitton c'est le jardin d'acclimatation, les panneaux colorés de Buren, mais aussi un quartier bien fréquenté, un entre-soi bien élevé et bien vieux ...
Finalement Bernard Buffet au musée d'art moderne de la ville de Paris a des allures de vieilles croutes! On sort de là conscient que cet artiste qui a connu la gloire de Paris-Match, le vedettariat, une énorme publicité pour son clown (j'en avais un dans mon journal secret) fut la plupart du temps malheureux comme les pierres! Bigre, les images restent longtemps à l'esprit, même sous un ciel radieux d'hiver.
Pour rire, Catellan, à l'hôtel de la monnaie, mérite le détour, ses facéties nous font arpenter des salles fermées le plus souvent au public, sur les bords de Seine qui scintille.
Et puis il y a ces petits bonheurs sans cesse renouvelés, courir au petit matin sur les quais, longer les Invalides avant de rentrer en bicyclette.
MAM, miam

Les Invalides au petit jour 

Tout bien rangé


Nautic Sup Paris Crossing
Paddle

vendredi 2 décembre 2016

La virée d'hiver à Paris.

Paris c'est à mon avis l'univers en raccourci, tout ce qui est original, frais, léger et pas banal ... que l'on chante en anglais, en russe, en japonais, en nègre, en espagnol ou même en javanais, si c'est joli, drôle et charmant, spirituel et élégant, et même si on n'a pas compris, on s'écrie" ça c'est Paris" (Georgius, encore Paris, 1930) 

Il est des voyages qui augurent bien, notamment lorsque l'avion est à l'heure, n'est pas détourné ou tout simplement annulé. Je mets alors, de ma Bretagne profonde, moins longtemps qu'en train pour me rendre à Paname! Vous allez me dire, normal, tu voyages en avion! Pas évident à comprendre! J'explique.
Qu'on opte pour le fer ou les airs, il faut toujours prendre sa voiture pour la gare ou l'aéroport. Certes, celle de Rosporden, qui n'a plus de gare que le nom, est la plus proche, mais il ne faut pas se traîner derrière un tracteur ou une moissonneuse batteuse au risque de rater le train, on n'a donc pas d'autre choix que de partir assez tôt, afin de se laisser une marge de manoeuvre. Compter tant que le TGV n'arrive pas à Rennes (2017), 6h porte à porte, 6H vous avez bien lu!
En avion, si on enquille le trajet voiture jusqu'à Brest, un vol serein le temps d'une sieste, le VAL et surtout le RER à Anthony à 3 minutes d'attente, compter 4h45..... Certes la différence peut paraître pichenette à bien des Parisiens, mais, que nenni, cette grosse heure gagnée au temps qui passe, ravit le provincial, il en profite pour se baigner, buller ou corriger des copies.
En ces périodes de froid, il convient d'éviter l'aéroport de Quimper qui meurt doucement et celui de Lorient, pas mieux, avec leurs avions à hélices, sur trois pattes, tellement petits qu'un grand doit marcher courbé dans les allées du zingue.
Bref, la Bretagne mérite bien le nom de Finistère, de marge de l'Europe, de périphérie, expression chérie des livres de géographie. Rêver de l'arc atlantique flatte notre imaginaire, mais juste l'imaginaire, il ne nous rapproche pas des centres et des pôles, des centres, des hubs et des carrefours qui vont bien pour un saut dans les îles de Méditerranée ou les capitales européennes, le temps d'un week-end.
Partir en voyage reste compliqué et il faut s'armer de patience, compter ses sous, le trajet pour Paris est bien souvent un voyage en soi, il coute un bras, voire deux.
Donc quand tout va bien, que tout roule comme sur des roulettes, le Breton est ravi. Il est benaise comme on dit en gallo.
Voler avec Air France de l'aéroport de Brest, il a tout d'un grand 

mardi 29 novembre 2016

J'aime ….

Un j'aime à la manière de ….



Oui, enfin bon, je n'aime pas vraiment novembre et ses pluies sombres, son ciel plombé par la brume, ni décembre et ses fêtes de Noël à la con, ni le nouvel an, où parfois l'on se force à s'amuser, ni la nuit du matin, quand il faut tâtonner pour récupérer le ouest-france dans la boîte aux lettres en se gelant les fesses dans la courte nuisette, ni même janvier qui, s'il annonce les beaux jours et les nuits qui raccourcissent, reste long comme un bras, froid, interminable et sinistre. Bref, l'hiver me gave grave, je suis en PLS (position latérale de sécurité, lol), au bout de ma vie (re-lol).
Mais j'aime courir au petit matin, vers 11h quand un soleil généreux a le bon goût de pointer son nez à l'horizon, rosissant les rochers humides d'un bord de mer bleu pétant, me jeter à l'eau en hurlant, et même en plongeant la tête la première (mais ça je l'ai déjà dit). Le bain réveillerait un mort!
J'aime le bleu de la mer.
J'aime que le poêle réchauffe la maison pour de longues soirées paisibles.
J'aime que le chat m'accueille en offrant son ventre à la caresse dès qu'il entend la porte s'ouvrir, elle arrive toutefois à se tourner sur le dos, les pattes en l'air au moment même où nos mains se libèrent des sacs pour mieux la chatouiller. (parfois elle rate son coup et arrive alors qu'il est trop tard, déçue qu'on ait pu manquer son accueil)
J'aime quand elle galope comme une dératée, glissant des pattes arrières, totalement déséquilibrée, amorçant un virage sur les "jantes" sans se prendre le mur qu'elle évite de justesse.
J'aime le roussi des papyrus que je n'ai pas encore eu le temps de tailler qui maigrissent à vue d'oeil au dessus de la mare gelée, constater que le héron n'a pas boulotté tous les poissons qui se planquent sous les herbes autour de l'énorme carpe jaune mise au régime à cause du froid. (Penser à aller lui donner à manger).
J'aime bouquiner (enfin) pendant que les élèves planchent dans la douceur d'une salle de classe calme! (Faudra bien se taper les copies, mais qu'importe, ils bossent!)
J'aime les soirées déjantées entre amies, de celles qui laissent un souvenir doux, tranquille, pétillant, après un repas divin cuisiné avec amour (M. ne change rien!).

samedi 19 novembre 2016

Garder?

Garde, garder, archiver, stocker, ranger, empiler, encartonner, trier, jeter, donner ... Quand la mère gère (ou tente de gérer) le bordel laissé au départ vers des horizons lointains, dans l'urgence du tri à ne pas faire, parce que "hein, on est grave  à la bourre" ... 

Et je fais quoi moi ? Sans eux, partis aux quatre coins du monde? Pas mieux pour la fille de Brest, même pire puisque je ne peux pas, en toute impunité, mettre mon nez dans le bazar! Elle y veille tous les week-ends. 
Les cables? "Ah non, tu les gardes, après il faudra les acheter à prix d'or sur internet" (même celui du vieil astrad ? )
Les tentes deux personnes, avec sardines qui pèsent leur poids de cacahuet, ultra petites pour dormir à deux en montagne ? "Pas si pourries, non non, on garde". 
Cette guenille à trous? "C'est trop de souvenirs, tu gardes!"
Les chaussettes orphelines? 
Les bouteilles de bière vides ? 
Les verres en plastique des festivals (tiens y a du sucre au fond)?
Le jogging trois fois trop grand informe, inconnu au bataillon, qui doit manquer à quelqu'un? 
Les cartons de cours de médecine d'il y a dix ans de première année ? 
Les dix lampes de chevet ? 
Le panier à salade?
La poêle et la passoire en plastique en triple exemplaire ?
Les cahiers de brouillon de CE2  ? 
Les magasines l'Illustration achetés aux mètres (trois mètres à l'époque pour rien)?
Les vieux Paris-Match? 
Les vestes Sonia Rykiel à épaulettes comme dans quand Harry retrouve Sally ou Working girl (ben oui quoi, y a aussi du bazar qui me revient et qui squatte les chambres désertées) ? 
Les draps de lit de bébé ? 
Les pelisses en poil de mouton qui fleurent bon le suin, rapportées de Roumanie après une dure négociation avec une mamie ayant flairé le pigeon?
Les pieds de lampe pourris ? 
Les chaussures éculées (mais oui bien sûr c'est de là que vient cette odeur non identifiée qui m'oblige à laisser la fenêtre de la chambre ouverte toute l'année)? 
Les tonnes de babioles, trombones, vieux stylos, capsules de bouteilles, vieux médocs, barrettes, bouchons d'oreille, élastiques, pièces de monnaies étrangères, dix prises américaines, rasoirs, maquillages, capsules de médoc vides, chemisiers trop petits, chaussettes trouées, diapositives de toute une vie de couple disparue, 33 tours, enceintes trop bien, micro-ondes, 50 livres de la bibliothèque rose, dix boîtes de légo, un carton de petites voitures, deux paniers de gants et chaussons pour la mer, 20 combinaisons  tellement sèches que le caoutchouc craquèle, encore 50 pots de confiture à la matière inconnue, visqueuses, bottes, croquenauds, chiffons, produits ménagers, lit de poupée, manteaux, vestes, imperméables, cirés....

ON NE SAIT JAMAIS, ON PEUT EN AVOIR BESOIN, GARDE!*

*Si chez toi tu as ce problème, alors consulte, apprends par coeur, lis et relis, imprègne toi jusqu'à la moelle, roule toi dans les billets, enregistre-les pour te les passer la nuit en message subliminal, récite-les tous les matins en mantra, le blog de Laurence sur le désencombrement ... 

** Je n'ai rien jeté mais stocké dans une pièce, pleine jusqu'au plafond,  dans des cartons dédiés , j'ai juste  libéré les chambres afin qu'on y respire! 

*** Mais "maman, c'est maintenant qu'on sent l'angoisse!  Y a plus rien !


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